Au-delà de l'attention : Comprendre les particularités émotionnelles du TDAH chez l'enfant et l'adulte
Un piège inattendu
Pourquoi une evaluation minimale du fonctionnement cognitif et social est importante ?
Les personnes ayant un fonctionnement atypique sont structurellement plus sensibles aux pressions de leur environnement. Évaluer ces dimensions permet de cartographier leurs vulnérabilités afin de limiter l'impact du stress et de prévenir l'apparition de troubles ou de dysfonctionnements associés.
Les personnes présentant un TDAH ont un risque plus élevé de développer des troubles anxieux que la population générale. Les études montrent qu'environ 40 à 50 % des adultes avec un TDAH présentent un trouble anxieux dintensite clinique au cours de leur vie, contre une proportion nettement plus faible dans la population générale.
Les troubles dépressifs sont également significativement plus fréquents chez les personnes ayant un TDAH, avec un risque environ deux à trois fois supérieur selon les études.
Les TOC sont plus fréquents chez les personnes avec un TDAH que dans la population générale, mais cette association est moins constante et varie selon les échantillons. Il est donc préférable de parler d'une augmentation du risque de comorbidité plutôt que de généraliser.
Les ruminations ne constituent pas un trouble diagnostique en soi. Elles sont fréquemment observées chez les personnes avec un TDAH, notamment en lien avec l'anxiété, la dépression, les difficultés de régulation émotionnelle et les pensées autocritiques. En revanche, dire que les « ruminations sont plus fréquentes » est plus prudent que de les présenter comme une comorbidité.
En ce qui concerne l'intensité, les données montrent que les symptômes anxieux et dépressifs peuvent être plus sévères lorsqu'ils coexistent avec un TND ; cette comorbidité est souvent associée à un retentissement fonctionnel plus important, une moins bonne qualité de vie et un risque accru de chronicisation.
En revanche, on ne peut pas affirmer de manière générale que tous les troubles anxieux, les TOC ou les dépressions sont intrinsèquement « plus intenses » chez les personnes ayant un TDAH ou TND.
Les personnes présentant un TDAH présentent un risque significativement plus élevé de développer des troubles anxieux, des épisodes dépressifs et, dans une moindre mesure, des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Elles rapportent également plus fréquemment des ruminations et une dysrégulation émotionnelle. Lorsque ces troubles sont associés au TDAH, ils sont souvent plus complexes sur le plan clinique, avec un retentissement fonctionnel plus important et des symptômes pouvant être plus sévères que dans la population générale.
